Le cocktail de Noël a un défaut récurrent : il est trop sucré. On y met de la crème, du sirop de caramel, des bonbons, et il devient un dessert qu'on boit avant le dîner. C'est dommage, parce que Noël est la seule période de l'année où les bars ressortent des recettes qu'on ne fait jamais le reste du temps.
Nous avons classé nos douze recettes en deux familles, selon le moment où elles se servent. Rien ne vous empêche de croiser les deux, mais l'ordre compte : les pétillants d'abord, les crémeux ensuite. L'inverse ruine le repas.
Les pétillants, pour ouvrir
Un cocktail d'apéritif de Noël doit être sec. Le champagne et le crémant font le travail à condition de ne pas les noyer sous le sirop. Le French 75 est le meilleur exemple : gin, citron, un soupçon de sucre, et le champagne par-dessus. Il est vif, il réveille l'appétit, et il a l'avantage de se préparer en deux minutes pendant que les invités posent leurs manteaux.
Le Mimosa est plus doux, la Soupe Angevine se prépare en saladier pour vingt personnes, le Champagne Smash ajoute des fruits écrasés. Si vous ne devez en retenir qu'un pour le 24 au soir, prenez le French 75 : c'est notre fiche la plus consultée en décembre, et de loin.
Les chauds et les crémeux, pour la veillée
C'est l'autre moitié de Noël, celle qui se boit tard, assis, quand le repas est fini. Le lait de poule est le patron de cette catégorie, et il souffre en France d'une réputation injuste : la version industrielle est écœurante, la version maison ne l'est pas du tout. L'Amaretto Coffee et le Chocolate Espresso Martini jouent sur le même registre, avec le café en plus.
Deux recettes de cette famille méritent une mention particulière. L'Apple Pie a littéralement le goût d'une tarte aux pommes, vodka, jus de pomme et sirop de cannelle, et personne ne devine ce qu'il y a dedans. Le Pomme-Cannelle Mule est sa version longue et pétillante, pour ceux qui trouvent les crémeux trop lourds.
Les deux classiques d'hiver qu'on oublie
Le Vieux Carré et le Sazerac ne sont pas des cocktails de Noël. Ce sont des cocktails d'hiver, ce qui n'est pas pareil et tombe très bien. Whisky, cognac, bitters, une pointe d'absinthe : ils sont chargés, épicés, et ils accompagnent parfaitement un plateau de fromages ou un fauteuil. Si votre famille compte quelqu'un qui « n'aime pas les cocktails », servez-lui un Vieux Carré. Il y a de bonnes chances qu'il change d'avis.
Préparer pour huit sans rester au bar
Trois de ces recettes se préparent à l'avance : la Soupe Angevine en saladier, le lait de poule en pichet la veille, et l'Apple Pie en grande quantité. Pour tout le reste, la règle est simple : pré-mesurez les alcools dans des petites bouteilles avant l'arrivée des invités, et gardez le geste final, la glace, les bulles, le citron, pour le moment du service. Vous diviserez votre temps derrière le bar par trois.
Une bouteille pour tout faire
Si vous ne devez acheter qu'une chose pour les fêtes, prenez un crémant correct plutôt qu'un champagne médiocre : il fait le French 75, le Mimosa, le Champagne Smash et la Soupe Angevine, et personne ne s'en plaindra. Un flacon de sirop de cannelle maison, du sucre et de l'eau infusés avec trois bâtons pendant dix minutes, couvre la moitié de la famille des chauds.