Boulevardier
L’origine du cocktail Boulevardier nous amène à une époque pleine d’effervescence.
Nous sommes dans les années 20 en plein milieu des années folles, le New-Yorkais, Edward E. Gwynne, s’installe à Paris. Très vite il prend goût à la vie mondaine parisienne et s’amuse à se faire passer pour le prince de Galles. Lui vient alors l’idée de lancer sa propre revue, le Boulevardier. Pour célébrer le lancement Mr Gwynne organise alors une cérémonie dans le Harry’s New York Bar de son ami Harry McElhone, également expatrié américain. Il lui demande d’imaginer un cocktail pour l’événement. Ainsi fut né le cocktail Boulevardier en 1927. La revue n’aura pas le succès escompté, mais laissera comme héritage son nom à un cocktail désormais presque centenaire.
Recette pour 1 verre
Ingrédients (pour 1 verre)
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3 cl
Bourbon
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3 cl
Vermouth rouge
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3 cl
Campari
Glaçons
Matériel recommandé
Spiritueux & mixers
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Préparation
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Déposer quelques glaçons dans un verre Old fashioned
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Verser le Bourbon, le vermouth rouge et le Campari directement dans le verre
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Mélanger vigoureusement les ingrédients avec la cuillère de bar
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Servir le Boulevardier avec un zeste d’orange en guise de décoration
Conseil du barman
À parts égales, le Campari domine le bourbon ; si vous le trouvez trop amer, montez le bourbon à 4,5 cl sans toucher au reste, c’est la proportion que retiennent la plupart des bars. Un seul gros glaçon, et un zeste d’orange pressé au-dessus du verre avant d’être déposé dedans.
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Recette mise à jour le
Les variantes du Boulevardier
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Negroni, l’original au gin
Le modèle, né à Florence vers 1919 : gin, vermouth rouge et Campari à parts égales, 2 cl de chaque sur notre fiche, sur glace avec une tranche d’orange. Le Boulevardier en est la relecture parisienne, où le bourbon remplace le gin huit ans plus tard. Le Negroni est plus sec et plus végétal, le Boulevardier plus rond et plus chaud, avec un fond de vanille et de caramel venu du fût.
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Old Pal, au rye et au vermouth dry
L’autre cocktail du Harry’s Bar dans les mêmes années : 3 cl de rye whiskey, 3 cl de vermouth dry, 3 cl de Campari, remués au verre à mélange et servis sans glace. Le vermouth blanc sec à la place du rouge le rend nettement plus austère, amer de bout en bout. Harry MacElhone l’a dédié à son ami « Sparrow » Robertson, journaliste sportif à Paris.
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Manhattan, le cousin sans Campari
Retirez le Campari et vous obtenez presque un Manhattan : bourbon, vermouth rouge et deux traits d’Angostura, remués et servis dans une coupe. Le Boulevardier est souvent décrit comme un Manhattan où le Campari a pris la place du bitter, en beaucoup plus généreux. Passer de l’un à l’autre est le meilleur moyen de comprendre ce que l’amer italien apporte au whisky.
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Boulevardier au rye ou au scotch
Le bourbon n’est pas obligatoire : 3 cl de rye whiskey donnent un Boulevardier plus sec et plus épicé, celui que servent beaucoup de bars new-yorkais. Avec un scotch blended, le cocktail perd sa douceur mais gagne en profondeur ; un single malt tourbé le déséquilibre. Dans tous les cas, gardez le vermouth rouge et le Campari à 3 cl, et le zeste d’orange.
Questions fréquentes
Que veut dire « boulevardier » ?
Un homme qui flâne sur les grands boulevards parisiens, élégant, mondain, habitué des cafés et des théâtres : le mot est français, passé tel quel en anglais au XIXᵉ siècle. C’est le titre que choisit Gwynne pour sa revue destinée aux Américains de Paris, et le nom du cocktail que Harry MacElhone crée pour lui en 1927. On le lit souvent écorché en « boulvardier », « bouvardier » ou « boulevardiere » : une seule orthographe, celle du flâneur.
Quel est le dosage d’un Boulevardier ?
Notre version est à parts égales : 3 cl de bourbon, 3 cl de vermouth rouge, 3 cl de Campari, directement dans un verre old fashioned sur glace, comme dans le livre de 1927. La recette de l’IBA retient 4,5 cl de bourbon pour 3 cl de chacun des deux autres, ce qui adoucit l’amertume. Pour un pichet de six, 18 cl de chaque à parts égales, remués sur glace au moment de servir, jamais à l’avance sur la glace.
Boulevardier : sur glace ou sans glace ?
Les deux se font. Sur glace, dans un verre old fashioned, comme sur cette fiche, le cocktail se dilue lentement et s’adoucit au fil du verre. Remué au verre à mélange puis filtré dans une coupe glacée, il est plus concentré et plus court, façon Manhattan : c’est le service le plus courant dans les bars à cocktails. Dans les deux cas, remuez, ne frappez jamais : le shaker trouble le cocktail et casse sa texture soyeuse.
Quel vermouth rouge choisir ?
Un vermouth rouge italien, doux et épicé, à 15 ou 16 % : Martini Rosso pour un Boulevardier classique et léger, Cocchi di Torino ou Carpano Antica Formula pour une version plus riche, vanillée et amère. Évitez les vermouths trop sucrés, qui écrasent le bourbon. Une fois ouverte, la bouteille se garde au réfrigérateur et se boit dans le mois : un vermouth oxydé donne au cocktail un goût de vieux vin.
Le Boulevardier est-il un cocktail IBA ?
Oui, il figure sur la liste officielle de l’International Bartenders Association depuis sa révision de 2020, à 4,5 cl de bourbon pour 3 cl de Campari et 3 cl de vermouth rouge. Cette reconnaissance tardive dit bien son histoire : oublié pendant des décennies après 1927, il est revenu dans les années 2000 avec le retour du bourbon et du Negroni dans les bars. On le trouve désormais sur les cartes du monde entier.
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