On nous demande souvent « quel cocktail avec du gin ? » comme s'il n'y en avait qu'un. Il y en a des centaines. Le gin est un alcool sec, aromatique, qui accepte l'acide, le sucre, les bulles et l'amer sans jamais disparaître derrière eux. C'est pour ça qu'il est la base de tant de classiques, et c'est aussi pour ça qu'il est facile de rater un cocktail au gin : il ne cache rien.
Cette liste n'est pas un classement de popularité. Ce sont les quinze recettes que nous préparons le plus, celles qu'on conseille à un ami qui vient d'acheter sa première bouteille, et celles qu'on sort quand on veut impressionner sans risque. Pour chacune, nous disons ce qui fait la différence entre une version correcte et une version dont on se souvient.
Quel gin pour commencer ?
Un London Dry. Pas un gin « premium » aromatisé au concombre ou à la rose, pas non plus le premier prix du supermarché qui sent le désinfectant. Un London Dry classique, sec, avec du genièvre devant : il fonctionne dans les quinze recettes ci-dessous. Vous affinerez plus tard. Si vous n'avez qu'une bouteille à acheter, prenez celle-là, et gardez le gin de dégustation pour le Martini.
Les cinq qu'on fait les yeux fermés
Ce sont les recettes à deux ou trois ingrédients. Rien à mesurer au millimètre, rien à secouer très fort. Le seul secret, c'est le froid : verre au congélateur, glace en quantité, et un citron pressé au dernier moment.
Les sours, là où le gin brille
Un sour, c'est un spiritueux, un acide et un sucre secoués ensemble. Le gin y est chez lui : le citron réveille le genièvre, le sucre arrondit, et le shaker fait le reste. Le Gimlet, le Gin Sour, le Bee's Knees, le Clover Club et le White Lady sont tous des sours. Si vous en réussissez un, vous les réussirez tous.
Les longs, pour l'été et les tablées
Le Gin Fizz, le Gin Gin Mule et le French 75 sont des cocktails allongés : eau gazeuse, ginger beer ou champagne. Ils tolèrent une main un peu lourde et se préparent presque en série. Le French 75 est le seul de la liste qu'on hésite à faire au shaker plutôt qu'au verre : secouez le gin, le citron et le sucre, puis complétez au champagne sans remuer.
Les amers et les secs, pour ceux qui savent déjà
Le Negroni, le Dry Martini, le Last Word et le Jasmine ne sont pas difficiles à faire. Ils sont difficiles à aimer la première fois. Un Negroni est amer, un Martini est presque de l'alcool pur, le Last Word est une équation à quatre inconnues. Ce sont pourtant ceux qu'on finit par préférer, et ceux qu'on ne trouve jamais bien faits ailleurs. Prenez-les comme un cap à passer, pas comme une entrée en matière.
Ce qu'on rate le plus souvent
La glace. Des glaçons de bac à glaçons, petits et vieux, fondent en trente secondes et noient tout. Faites de gros glaçons, remplissez le verre jusqu'en haut, et jetez la glace du shaker après chaque cocktail. Ensuite, le citron : jamais en bouteille. Un citron pressé une heure avant a déjà perdu la moitié de son parfum. Enfin, le sucre : un sirop maison à parts égales sucre et eau, c'est deux minutes de travail et ça change tout.