Daïquiri
Le point de départ
Rhum blanc, citron vert, sucre, secoués fort. Trois ingrédients, et la recette qui dit tout de votre rhum. Si votre Daiquiri est bon, votre rhum blanc l'est aussi.
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Il n'y a pas un rhum, il y en a quatre au moins, et chacun a ses cocktails. Blanc pour le Daiquiri, ambré pour le Mai Tai, brun pour le Zombie, épicé pour le Painkiller. Voici vingt recettes classées par bouteille, pour ne plus acheter le mauvais rhum.
Le rhum est l'alcool le plus généreux du bar, et le plus mal compris. On nous écrit régulièrement pour demander pourquoi un Mojito au rhum ambré « n'a pas le bon goût », ou pourquoi un Mai Tai au rhum blanc est plat. La réponse est la même : le rhum n'est pas interchangeable. Le blanc est vif et végétal, l'ambré est rond et boisé, le brun est profond et presque sucré, l'épicé sent la vanille et la cannelle. Un cocktail pensé pour l'un tombe à plat avec l'autre.
Nous avons donc classé ces vingt recettes par rhum. Si vous n'avez qu'une bouteille, commencez par le blanc : c'est celui qui sert le plus. Si vous en avez deux, ajoutez un ambré. Le brun et l'épicé viennent après, quand vous aurez envie de tiki.
Le rhum blanc cubain ou portoricain est fait pour le citron vert. Le Daiquiri en est la preuve la plus nue : rhum, citron vert, sucre, rien d'autre. Le Mojito ajoute la menthe et l'eau gazeuse ; la Piña Colada troque l'acide contre l'ananas et la coco. Un rhum blanc agricole des Antilles, plus herbacé, donne au Daiquiri un caractère différent, pas meilleur ni moins bon. À essayer une fois.
L'ambré a passé quelques années en fût. Il porte l'orgeat du Mai Tai, les jus du Punch Planteur, la ginger beer du Dark and Stormy. C'est le rhum des cocktails tiki, ceux qui ont trois jus et un parasol. Ne le remplacez pas par du blanc dans ces recettes : c'est lui qui tient la structure.
Le rhum brun a de la mélasse, du fût, parfois du sucre. Il fait le Zombie et le Jungle Bird, deux cocktails qui n'ont peur de rien. Le rhum épicé, lui, est déjà aromatisé : vanille, cannelle, orange. Il fait un Painkiller ou un Caribbean Mule qui se suffisent presque à eux-mêmes. Ce n'est pas un rhum de puriste, et on s'en moque.
C'est la recette de rhum la plus cherchée sur ce site, loin devant les autres, et c'est aussi la moins codifiée. Chaque famille antillaise a la sienne. La nôtre est un équilibre entre le rhum ambré, les jus d'ananas, d'orange et de citron, et un trait de sirop de canne. Elle se prépare en pichet, se laisse reposer une heure au frais, et se sert avec de la glace au dernier moment. Ne mettez jamais la glace dans le pichet.
Le sucre en poudre qui ne fond pas : faites un sirop. Le citron vert en bouteille : non. La menthe hachée au couteau : elle noircit et devient amère, il faut la piler doucement, ou simplement la claquer entre les mains pour libérer les huiles. Et une quatrième, pour la route : le rhum trop cher. Un rhum de dégustation à 60 euros est gâché dans un Mojito. Gardez-le pour le boire sec.
Le point de départ
Rhum blanc, citron vert, sucre, secoués fort. Trois ingrédients, et la recette qui dit tout de votre rhum. Si votre Daiquiri est bon, votre rhum blanc l'est aussi.
Voir la recette →Le plus demandé, le plus maltraité
Rhum blanc, citron vert, sucre, menthe, eau gazeuse. Pilez la menthe doucement, remplissez de glace pilée, complétez à l'eau gazeuse. Le Mojito des bars de plage est trop sucré et pas assez froid : le vôtre peut être mieux.
Voir la recette →Le crémeux qui n'a pas honte
Rhum blanc, jus d'ananas, crème de coco, mixés avec de la glace. Porto Rico, 1954. Il n'est pas subtil, et personne ne lui demande de l'être. Utilisez de la crème de coco, pas du lait de coco : la différence est énorme.
Voir la recette →Le Daiquiri de l'été
Le Daiquiri classique avec des fraises fraîches mixées. Pas de sirop de fraise, des vraies fraises, et un peu moins de sucre puisqu'elles en apportent.
Voir la recette →Le Daiquiri sec de l'écrivain
Rhum blanc, marasquin, citron vert, pamplemousse, sans sucre. Hemingway le commandait double à La Havane. Amer, sec, et beaucoup plus intéressant que sa réputation.
Voir la recette →Le Mojito qui change de couleur
Le Mojito, avec des framboises écrasées avec la menthe. Sucré par le fruit, donc allégez le sirop. Les framboises surgelées font très bien l'affaire.
Voir la recette →Plus qu'un rhum-coca
Rhum cubain, Coca-Cola, un vrai jus de citron vert, un trait d'Angostura. C'est le citron et le bitter qui en font un cocktail. Sans eux, c'est un rhum-coca, et ce n'est pas la même chose.
Voir la recette →Le piège qu'on assume
Rhum, vodka, gin, tequila, triple sec, citron, un trait de cola. Il a le goût d'un thé glacé et la force de quatre alcools. On le met dans la liste parce qu'on nous le demande. Un seul par soirée.
Voir la recette →Le sour tropical
Rhum ambré, citron, orange, sucre, blanc d'œuf. Le Whisky Sour au rhum, plus rond, avec une mousse épaisse. Secouez sans glace d'abord, puis avec.
Voir la recette →Le roi du tiki
Rhum ambré, curaçao, orgeat, citron vert. Trader Vic, Oakland, 1944, et pas une plage en vue. L'orgeat est indispensable : c'est un sirop d'amande, pas un sirop de sucre. Sans lui, ce n'est pas un Mai Tai.
Voir la recette →Le cocktail de pichet
Rhum ambré et trois jus. Se prépare à l'avance, se sert à la louche, et disparaît en une heure. Notre recette est dosée pour un verre : multipliez sans changer les proportions.
Voir la recette →Deux ingrédients et une tempête
Rhum ambré versé sur de la ginger beer, avec un citron vert. Le rhum doit flotter au-dessus, sombre, d'où le nom. Aux Bermudes, ils y tiennent.
Voir la recette →Le rouge de La Nouvelle-Orléans
Deux rhums, jus de citron, jus d'orange et fruit de la passion, dans un verre en forme de lampe-tempête. Il est sucré, fort et festif. Pat O'Brien's, années 1940.
Voir la recette →Le mule des Caraïbes
Rhum épicé, citron vert, gingembre frais, sirop de canne, ginger beer. C'est le Moscow Mule avec du soleil dedans. Le gingembre frais en plus de la ginger beer fait la différence.
Voir la recette →L'antidouleur des îles Vierges
Rhum épicé, ananas, orange, crème de coco, muscade râpée dessus. La Piña Colada en plus complexe. Le Soggy Dollar Bar l'a inventé pour des clients arrivés à la nage.
Voir la recette →Celui qu'on limite à deux par personne
Trois rhums, citron, cassonade, épices, sur glace pilée. Don the Beachcomber, Hollywood, 1934, et une recette gardée secrète pendant soixante-dix ans. Le nôtre est fidèle et redoutable.
Voir la recette →Le tiki amer
Rhum brun, Campari, ananas, citron, sucre. Le seul tiki avec un amer italien, inventé au Hilton de Kuala Lumpur en 1978. Il a l'air d'une blague et c'est l'un des meilleurs cocktails de cette liste.
Voir la recette →Le cousin brésilien
Cachaça, citron vert, sucre, pilés dans le verre. La cachaça n'est pas un rhum, techniquement, mais elle vient de la canne et se comporte comme un rhum blanc agricole. Sans elle, faites une Caipirissima au rhum blanc.
Voir la recette →Le fou de coco
Rhum blanc, vodka, tequila, lait de coco. Trois alcools blancs sous la coco : il ne faut pas chercher la subtilité, mais à la plage, il est parfait.
Voir la recette →Le tiki des connaisseurs
Deux rhums, Cointreau, citron vert, Angostura, un trait de Suze chez nous. Don the Beachcomber encore. Sec, complexe, un cran au-dessus. À faire quand le Mai Tai vous ennuie.
Voir la recette →Cochez ce que vous avez déjà : les recettes réalisables se mettent à jour dans Mon Bar.
Un rhum blanc cubain, sec et léger : Havana Club 3 ans est la référence, et il coûte moins de vingt euros. Le rhum ambré alourdit le Mojito, le rhum agricole le rend herbacé : ce n'est pas faux, mais ce n'est plus le Mojito de La Havane.
Le temps passé en fût. Le blanc n'y passe pas ou presque, il est vif et végétal. L'ambré y reste quelques années, il prend du bois et de la rondeur. Le brun y reste plus longtemps ou reçoit de la mélasse, il est profond et presque sucré. Chaque cocktail est pensé pour l'un des trois.
Le Punch Planteur, oui : il se prépare en pichet et gagne à reposer une heure au frais, sans glace. Les cocktails secoués comme le Daiquiri, non : ils se font à la minute, la dilution et le froid font partie de la recette.
Et chez vous ?